TENDRE ET VIOLENTE ELISABETH

Auteur :
HENRI TROYAT

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
POCKET

Ses parents étaient si habitués l’un à l’autre, si discrets dans leurs rapports quotidiens, que leur mariage avait dû être la conséquence d’une inclination raisonnable et non d’une passion juvénile et sauvage.

« Toute passion a sa racine dans l’instinct sexuel » (Schopenhauer).

Elle éprouvait encore, dans ses entrailles, ce mouvement de flux et re reflux qui succédait au vertige de la jouissance. Elle lui avait volé sa force et continuait de s’en nourrir, à s’en délecter, tandis qu’il gisait, inerte, à côté d’elle, dans sa fausse victoire d’homme.

« Ce que je voudrais, dit Patrice, c’est placer l’auditeur dans un état de réceptivité tel que ma musique ait l’air d’être l’expression de sa sensibilité particulière et non la mienne ».

Ils dînèrent, les yeux dans les yeux, avec un appétit où la qualité de la nourriture comptait pour peu de chose.

Elle imagina son mari transfiguré, non plus, timide selon son habitude, mais résolu, habile, patient et pressant à la fois, dans la lutte pour le plaisir.

L’abus de l’équitation risque de provoquer, chez la femme, des désordres organique de la dernière gravité.

Doué d’un génie d’enchantement et de corruption, aucun scrupule ne pouvait le retenir dans la poursuite de son plaisir là où il passait, la terre était brûlée, les âmes flétries, les principes les plus purs bafoués dans un éclat de rire.

Tant de duplicité, chez un être en apparence si spontané, si loyal, si sensible, confondait l’esprit comme une brusque substitution de la personnalité.

L’essentiel, pour lui, était qu’elle restât mariée, afin qu’il pût prendre son plaisir avec elle, sans assumer les désagréments de la vie conjugale