SOLEDAD

Auteur :
STEPHANIE JANICOT

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
ALBIN MICHEL

Tout dans son attitude défiait l’ordre établi.

 

Cuernavaca, cette région est, parait-il, la plus saine du Mexique. L’air du Popocatépetl, sans doute. Ou Ixtaccihuatl. La chaîne de montagne a la forme d’une princesse endormie.

 

Nous nous sommes rapproché, plus par instinct de survie que par affinité.

 

Elle voulait que la vie la porte sans qu’elle ait à s’en préoccuper. Rien de bon ne pouvait advenir d’un pareil fatalisme.

 

Il faut élever les enfants avec amour, sinon on finit par être puni.

 

Cette peur de perdre qui accompagne le bonheur, le gâche parfois.

 

Cette sensation de s’abandonner à la nuit avec la certitude de se retrouver au matin, blottis l’un contre l’autre.

 

Nous avons tous l’air malin avec nos principes, notre bonne éducation, à avancer dans nos vies à petits pas, alors que nous rêvons de splendeur et de jouissance.

 

Son teint, ses cheveux, tout se fondait dans une neutralité obscure.

 

Coca cola, « les eaux noires du capitalisme américain ».

 

Le chagrin m’accable et, en même temps, me soulage.

 

A l’age où d’autres se mettent à fumer, à boire, à se droguer, je suis entrée en dépendance, moi aussi, de son corps, de son assurance, de son regard.

 

Nous ne savons pas que la vie pouvait nous broyer dans son flot de journée sans lumière.

 

Je voudrais que cet enfant sache que ses parents se sont aimés avec déraison mais que l’exil, le travail et la pauvreté ont eu raison de cet amour.

 

Comme dans l’étreinte amoureuse, au piano, il n’y a plus d’exil, il n’y a plus d’étranger.

 

Mon enfance ne me laisse que le souvenir d’une immense sécheresse.

 

Je me sentais libre, adulte. Aussi l’ardeur amoureuse m’apparaissait-elle comme une déraison de la jeunesse.

Les Américains perçoivent l’Amérique latine comme un magna informe constituant un tout, la langue commune impliquant une culture en conséquence.

 

Le Tango est un sentiment triste qui se danse.

 

La douleur lourde de l’abandon.

 

Bienheureuses celles qui ne rencontrerons jamais l’amour.

 

Cette tranquillité routinière suffisait à mon bonheur.

 

Elle avait une sorte de pureté. Une voix qui venait de l’âme.

 

On dit toujours aux chanteurs qu’il faut chanter avec le ventre. Techniquement ce n’est pas faut, mais à force de leur seriner de mettre leurs tripes sur la table, cela en devient presque indécent.

Soledad n’est pas de ce monde, elle vient du ciel.

 

La plupart des femmes, à force de les connaître, vous en faites le tour. Celle-ci est une curiosité mouvante.

 

Ce n’était pas un tempérament volcanique. Elle ne cachait aucun feu sous cette froideur.

 

Les mots sortaient par grappes, comme s’ils avaient été trop longtemps contenus au fond de sa bouche et cherchaient tous à sortir les premiers.

 

Elle a quelque chose que les autres femmes n’ont pas, une sorte de solitude intérieure qui ne demande même pas à être comblée.

 

Elle n’a pas dans ses jambes la virtuosité des danseuses professionnelles mais, avec elle, on a le sentiment étrange de se mouvoir dans le recueillement. Oui, étrange, surtout pour une danse aussi agitée et démons0trative. C’est que le tango peut aussi venir de la tête.

 

Elle n’a pas besoin de crier, de se plaindre ou de se faire plaindre, elle est la plainte même.