
Auteur :
Catherine DAVID
Genre :
Biographie
Maison d'Edition :
ROBERT LAFFONT
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« Simone Signoret », c’est donc ce qu’on appelle un beau sujet. C’est-à-dire qui donne à penser, qui ouvre des fenêtres sur des paysages multiples.
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Simone Signoret ne serait pas devenue star si elle n’avait eu le don de magnifier ses imperfections, de faire confiance à ce qui la rendait différente.
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Un pays détraqué où la moindre information vraie risque de lézarder l’édifice du mensonge d’Etat.
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Ces communistes sincères qui veulent croire, envers et contre tout, à l’avenir radieux du stalinisme.
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« J’étais là, moi, l’épouse d’un absent que j’avais aimé, que je n’aimais peut-être plus, mais à qui j’étais plus étroitement liée que jamais par la pitié et loyauté. »
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Dans América, América d’Elia Kazan, l’Amérique était la Terre promise, le lieu pur, la terre vierge où la vie allait se transformer radicalement, où le bonheur de chacun travaillait au bonheur de tous.
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Une région où les brouillards se mêlent aux fumées d’usine et où errent des jeunes gens sans avenir. Ce sont les angry youngmen, ceux-là même qui vont, quelques années plus tard, transformer leur révolte en révolution culturelle et conquérir le monde en chantant.
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Elle n’avait plus besoin d’être forte. Elle pouvait enfin rentrer ses griffes, se montrer vulnérable, laisser s’épanouir sa sensualité, dans tout l’état de la maturité.
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Elle fait l’expérience des jouissances les plus intenses que puisse procurer le métier de comédienne.
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Le bonheur éclate en une orgie de mémoire. En un instant, le passé est ramené dans le présent comme une brassée de fleurs.
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Ce visage incroyable, le plus célèbre du monde était un masque, un miracle de l’art du maquillage. La vraie Marilyn était absente de cette image. Jamais peut-être, depuis l’invention du cinéma et l’apparition des stars, il n’avait existé un tel décalage entre une actrice et son image.
Ils donnent un sens nouveau à ces mots anciens que Francis Ponge compare à des pièces de monnaie qui s’usent en passant de main en main.
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Comme Edith Piaf qui avait besoin de chagrins d’amour pour arriver au sommet de son art, elle a payé cher pour savoir que les émotions de la vie réelle aident les comédiens à donner corps à l’illusion.
La douleur de la femme se montre sans fard, dans sa dérisoire nudité. L’espoir qui renaît et s’estompe aussitôt.
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Elle voit la pendule tourner et se prépare à vieillir doucement dans le souvenir des joies et des meurtrissures du passé.
Elle n’était pas de ceux qui s’installent dans la morne perspective de la répétions, qui renoncent à se passionner, à se lancer des défis à eux-mêmes.
A la faveur de ce long cheminement solitaire sur les sentiers de son être intime, elle trouvera, à l’approche de la mort, une réelle sérénité.
Elle découvre le désir d’écrire, tapi au fond d’elle-même comme un dragon endormi.
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Si j’ai loupé des trucs, je crois bien que j’ai aussi évité beaucoup de bêtises.
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Simone Signoret vit ce drame avec une sobriété, une intensité qui fait serrer les poings
Jean Pierre Melville est un cinéaste à part, un franc-tireur en qui la nouvelle vague a cru, au début, reconnaître un précurseur, mais qui a toujours suivi sa propre voie solitaire, à l’écart des modes et des conformismes, à la recherche d’une forme parfaite.
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Les militants maoïstes tentent de ranimer les braises d’un incendie démodé.
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Réduire la personnalité d’un homme à ses instincts les plus primaires.
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La standardisation des esprits, la religion de l’efficacité et le culte du confort étendent leur ennuyeux glacis sur les ruines de l’avenir radieux.
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Une pauvre petite chose vulnérable qui se réfugie dans des rêves de grandeur.
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Mieux vaut parfois le silence méprisant de la dignité outragée qu’une bataille rangée qui ne peut aboutir, dans le meilleur des cas, qu’à une victoire à la Pyrrhus.
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Il n’est pas toujours nécessaire d’écouter pour entendre.
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L’écrit nous envahit et nous file entre les doigts. En apparence détrôné par le règne de l’image, il continue d’étendre son empire dans les esprits, sert de référence et de mémoire, et nous rendons un culte fervent à ces paroles gelées qui font fleurir des pensées pour mieux les conserver.
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C’est autour de ce personnage charismatique que se nouent et se dénouent les intrigues de cette fable subtile sur la comédie du pouvoir et l’irréalité de l’argent dans une société fondée sur le crédit, c’est-à-dire la croyance et la fiction.
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Elle avait une conscience aiguë de l’écoulement du temps. A cet égard, sa lucidité était sans faille. Elle sentait concrètement le temps passer à travers son corps et le marquer jour après jour de son indélébile empreinte. Il était vain de lutter contre un tel ennemi et elle avait déposé les armes, elle s’était laissée faire. Alors, le temps avait accéléré sa course. En quelques années, elle devint une vieille femme au corps alourdi, tassé sous son propre poids.
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Pour Simone Signoret, le rire était une irremplaçable évasion, un déferlement de plaisir. Elle lui trouvait toutes les vertus. C’était une sorte d’extase profane, une forme innocente de l’ivresse qui aide à neutraliser les adversaires, à souder l’amitié, à dissoudre l’angoisse, à rendre la vie plus facile.