L’ŒUVRE

Auteur :
EMILE ZOLA

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
FOLIO

Ce cours naturel des infinies combinaisons de la vie.

Ils s’étaient liés d’un coup et à jamais, entraînés par des affinités secrètes, le tourment encore vague d’une ambition commune, l’éveil d’une intelligence supérieure, au milieu de la cohue brutale des abominables cancres qui les battaient.

Sa fortune entière avait coulé dans le désastre.

Un monde s’ouvrait plus humain, qui les conquérait par la pitié, par l’éternel cri de misère qu’ils devaient désormais entendre monter de toutes choses.

Si avide d’admirer que souvent des œuvres exécrables les jetaient dans l’exaltation des purs chef-d’œuvre.

C’était l’amour des grandes marches, c’était cette fringale de lecture, qui les avaient protégés de l’engourdissement invincible du milieu.

Un amour fou des nudités désirée et jamais possédées.

Retaper un phrase mal bâtie.

Il arrivait à mener sa vie désordonnée, sans argent et sans dettes ; et cette innée de jouir pour rien s’allier en lui en une duplicité continuelle, à une habitude de mensonge qu’il avait contractée dans le milieu dévot de sa famille, où le souci de cacher ses vices le faisait mentir sur tout, à toute heure, même inutilement.

C’était un romantisme tempéré de logique, avec plus d’exactitude dans l’observation, plus de perfection dans la facture.

Les ambitions, les coteries, les intrigues, toute la basse cuisine qui déshonore la politique.

Ce luxe étalé sentait la dette.

Cet argent gagné comme à la bourse, dans des coups de hausse, filait entre les doigts, se dépensait sans qu’on retrouvât la trace.

Au fond des vanités ravagées, il y avait des blessures à jamais saignantes, des duels au couteau dont on agonisait en souriant.

Fortune d’une saison que le vent apporte et remporte ; accident qui bouleverse la foule le matin, pour se perdre le soir dans l’indifférence de tous.

Il faut mourir pour avoir raison.