LETTRE OUVERTE AUX MAL BAISANTS

Auteur :
GERARD ZWANG

Genre :
Essai

Maison d'Edition :
ALBIN MICHEL

« La langue doit être vulgaire pour porter loin » Proverbe chinois

Ne comptez pas sur moi pour traiter mes concitoyens de cons. Ce serait trop souvent leur faire trop d’honneur. Le con, c’est beau, ça sent bon, ça a du goût, ça réjouit tout de l’homme.

Je m’adresse à ces individus qui, du haut en bas de l’échelle sociale, empêchent leurs congénères de baiser comme ils en auraient envie. Ils baisent, mais ça les intéresse peu, ou pas du tout, ou pas comme il faudrait. Ce qui les intéresse c’est de s’introduire, en parole, en pensée et parfois en action policières, dans les baisantes de leurs voisins, de leur concierge, de leur garagiste, de leurs collègues de bureau, de leurs assujettis. Non pour les aider, les conseiller, mais pour leur faire honte, leur couper l’envie, les obliger à baiser comme eux voudraient qu’on baise.

Toutes les femelles mammifères ont un clitoris, qui leur fait bien de l’usage avant de s’accoupler. Si l’on coupe le clitoris on ne supprime pas sa projection cérébrale, ni le regret de son absence.

Hommes de poids et femmes à poigne, vous jetez sur le commun des mortels le regard hautain du supérieur. Une aura de crainte respectueuse entoure votre important personnage comme une émanation de fluide glacial. On ne vous aborde que le cœur tremblant, déjà persuadé d’être coupable par le simple fait de respirer la même air que vos augustes narines. Vous désobéir est un crime de lèse-majesté, et personne n’oserait déclencher votre meurtrier froncement de sourcil.

Le sexe, on ne peut pas s’en passer, c’est la nature, mais il ne faut pas hisser l’hygiène au rang des affaires, du devoir, de la carrière, du service.

Ce qui est immoralité chez les autres n’est pour vous que juste délassement de vos harassants travaux d’Atlas. Vous pouvez aussi entretenir une maîtresse décorative, un homme de lit docile et interchangeable. Vous voyant intéressés par la chose, certains croient alors avec soulagement que vous allez relâcher quelque peu votre pression morale. Mais ils se trompent. Vous n’accordez à vos serviteurs sexuels que le temps autorisé par votre timing, vous n’abandonnez pas en leur faveur votre dureté romaine, vous les rétribuez en espèces et non en sentiment.

Le besoin orgasmique est variable d’un individu à l’autre.

L’hétérosexualité est le comportement sexuel normal. Celui qui assure la perpétuation de l’espèce, et que la fonction érotique épanouit. Le programme génétique nous pousse instinctivement à la conjonction charnelle avec le sexe opposé, le plaisir et la tranquillité comportementale étant la récompense de la « bonne conduite » instinctuelle.

Les homosexuels souffrent d’une déviation d’objet.

Il est dur de vivre sans ennemis.

Les bêtes féroces qui veulent vous dévorer vivants, vous emprisonner dans l’Essence et y mettre le feu. Mais vous savez vous défendre. Avec les mots. Et vous excellez, habiles rétiaires, à enfermer vos adversaires dans le filet de votre phraséologie.

L’amour fait dépendre d’un autre, c’est un sentiment aliénant.

L’essentiel est de jouir, et que ce soit un cul ou dans un con, par la main, la bouche ou un vit, pile, ou tête-bêche, n’a aucune importance, sauf pour ceux qui se laissent aliéner par les catégorisations bourgeoises, reflétant la hiérarchie classiste des assouvissements.

Tous les cerveaux naissent pareils ; il suffit de les arroser comme il faut pour en faire de belles fleurs de génie.

Les juifs, des gens intelligents, sérieux, consciencieux, mais néanmoins astucieux et volontiers rigolards, qui ont élevé au rang des beaux-arts la moquerie de soi-même.

Il n’y a pas d’amour, entre l’homme et la femme, qui ne soit fondé sur le sexe.