LES GENS DE MOGADOR : LUDIVINE, DOMINIQUE 2

Auteur :
ÉLISABETH BARBIER

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
JULLIARD

Deux jours où chaque pas, dans la maison, et dans le parc, faisait se lever des fantômes de joies appartenant à un temps évanoui.

 

Julia lui souriait de ce sourire venu, à travers les ans, du fond de sa jeunesse ; étonnante parure intacte qui sommeillait dans un tiroir plein de robes fanées.

 

Nous ne sommes pas là pour vivre, mais pour préparer notre mort.

 

Toutes les souffrances servent.

 

Aucune sympathie ne pouvait l’approcher. Les deux hommes demeuraient embarrassés de leur pitié inutile.

 

Dieu vous envoie une lourde croix. Mais il vous donnera la force.

 

Vaille que vaille, tous deux, nous faisons quand même un attelage bien couplé.

 

Dieu ne répond jamais, et on ne sait pas s’il écoute. Peut-être s’est-il rendu sourd à la voix de ses créatures, pour n’être pas gêné de leurs cris lorsqu’il fait ce qu’il doit faire avec elles.

 

L’important, ce n’est pas de vivre, ni d’être heureux, en ce monde d’attente et de fièvre. Mais d’y rencontrer et d’y reconnaître son compagnon pour le temps du voyage.

 

Il savait la ténuité du fil qui sépare la vie de la mort, et comme la rupture en est simple.

 

Elle s’enivrait avec certaines phrases qui, longtemps, avaient nourri son espérance.

 

La jeunesse est l’époque où le bonheur est le plus nécessaire. Après, on vit sur son acquit. Ou si l’on n’a rien eu, on prend ce qu’on trouve pour en tenir lieu.

 

Une dame dont la perfidie naturelle employait avec maîtrise le vieux ressort stratégique de la gaffe préméditée.

 

L’intérêt aiguisé dont elle était devenue le centre.

 

Les deux amants s’établissaient de leur mieux dans le provisoire inconfortable d’un état de choses sans issue.

 

Tu acceptes cette existence de compromis, de mensonge où Dieu est bafoué à chaque instant.

 

Une salle dépouillée de toutes les vanités temporelles.

 

Des fragments de souvenirs demeurés incompréhensibles prenaient leur véritable aspect, sous cette lumière brutale.

 

Ma pauvre Anne, tu coupes, tu tranches. Et tu ne penses pas même qu’il faut quelqu’un ici, en permanence, pour que le domaine ne périclite pas, et pour que tes revenus te parviennent ponctuellement, aussi substantiels que tu t’attends à les recevoir.