LE POUVOIR ET LA VIE

Auteur :
VALERY GISCARD D’ESTAING

Genre :
Biographie, Politique

Maison d'Edition :
CIE12

J’ai compris que la réputation des hommes du passé tenait moins à leurs défauts ou à leurs qualités propres qu’au talent et à la bienveillance de leurs biographes.

Ces éloges qu’on refuse aux vivants et qui deviennent tellement commodes après la mort, car ils n’engagent plus à rien.

Dès qu’il entame sa marche, la présence des autre »s personnes cesse d’exister pour lui. Seul compte le contrôle de sa direction.

Au niveau présidentiel l’aspect politique des problèmes dépasse leurs seules données techniques, et que la communication avec l’opinion publique suppose une connaissance et une expérience de la sociologie et de la psychologie, qui ne s’acquièrent guère dans les ministères.

J’en ai retenu que l’exactitude était une commodité universelle, facilitant le travail de chacun et réduisant la déperdition due aux temps morts, aux contretemps et aux délais non respectés.

Voici que s’ouvre le livre du temps, avec le vertige de ses pages blanches.

Son visage me regardait de haut, davantage comme un objet appelant la curiosité que comme une personne justifiant l’intérêt.

« Vous avez compris que la France était désormais trop petite pour pouvoir résoudre toute seule ses problèmes » jean Monnet.

Les complications administratives paralysent le développement de nos entreprises.

Nous avons mis au point le projet de loi sur le divorce. Il fallait passer d’une législation ancienne, où le divorce ne pouvait intervenir que comme la sanction d’une faute, à un dispositif qui permettrait de donner suite à l’impossibilité, constatée en commun, de poursuivre le vie du couple.

Les Français applaudissent dans les discours toute allusion aux réformes. Mais ces applaudissements se transforment en rejet dès que la réforme atteint en quoi que ce soit une de leurs habitudes ou l’un de leurs avantages personnels.

La France n’est pas un pays de réformes, c’est un pays de nouveauté. Par la légèreté de jugement, dont un ciel aimable et changeant a doté leur caractère, les Français aiment, ou plutôt préfèrent, la nouveauté. Ils imaginent toujours que ce qu’ils ne connaissent pas sera meilleur que ce qu’ils connaissent. Ils se lancent à tête perdue dans la découverte de solution miracles ou de talents inédits. Ils s’en détachent presque toujours avec la même facilité.

L’expression « tomber des nues » ne s’applique pas à ma situation. Pourtant elle me jaillit à l’esprit.

L’idée de chercher à capitaliser sur le plan politique les résultats d’une opération décidée à des fins humanitaires, et de vouloir empocher, somme toute, le courage des autres, me paraissait répugnante.

Comment rester soi-même quand on a une personnalité originale dans un monde qui tend à l’uniformité.

J’étais choqué par l’inégalité devant la mort qui subsiste dans nos sociétés, la mort presque honteuse et anonyme de ceux que la société ne connaît pas, et dont on dirait qu’elle souhaite se débarrasser au plus vite, et la mort ostentatoire, respectée, célébrée, de ceux auxquels la société prête une importance qui vient confirmer la sienne.

Dans la communication moderne, le message doit être court, indéformable, accessible davantage à la sensibilité qu’au raisonnement, et surtout intensément vécu.

Qui que vous soyez, inconnu ou célèbre, faible ou puissant, vous détenez une part égale du destin de notre pays.