LE 11e CHOC_ERIC HUITRIC

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ERIC HUITRIC

LE 11e CHOC

ED. DE LA PENSEE MODERNE

 

Epris de solitude, amoureux des espaces infinis.

 

La discrétion -une façon supérieure d’être orgueilleux- leur sert d’auréole.

 

A le voir, il est la distinction même, toute de réserve et d’affabilité lointaine. Un corps sec, mais un visage aux traits fins, avec un rien de mélancolique slave dans les yeux bleus, dans la voix, dans toute sa personne. L’homme est taciturne et charmeur avec cette délicatesse de l’orgueil poussée jusqu’à la modestie.

 

C’est un curieux spécimen de civil mal adapté à d’obscures tâches paperassières.

 

Une terre dure, rugueuse, qui a formé les gens à son image, courageux, vindicatifs, accrocheurs.

 

Melouza rejoint la litanie tragique des villages massacrés bestialement : Lidice, Oradour, Deir Yacine.

Il sait qu’il y a plus de coups à recevoir que de satisfactions à glaner avec Bellounis dont personne, à Alger, ne lui a dit réellement du bien, sans toutefois oser lui en dire tout à fait du mal.

 

Sous ses airs bonasses, est un redoutable joueur de poker. Il a vite compris que Kobus bluffait au-dessus de ses moyens.

 

Homme secret, tortueux, avare de paroles, brassant derrière ses yeux perpétuellement mi-clos on ne sait quelles pensées mouvantes, compliquées.

 

L’espoir, puis l’enthousiasme se sont estompés au vent des discours contradictoires.

 

C’est sans doute un trait de caractère français que cette paresse intellectuelle des divers états-majors dont le principal souci semble consister à adapter la situation à leurs conceptions, plutôt que de faire l’effort inverse.

 

C’étaient des hommes. Ils viennent d’un autre temps, d’un autre ciel. Ce sont les derniers fidèles d’une austère religion. Celle du courage et de la mort. Ils s’offrent le luxe des réveils précoces dans les matins glacés et des marches harassantes pour le plaisir de s’éprouver. Ce sont les derniers poètes de la gratuité absolue.