
Auteur :
BERNARD CLAVEL
Genre :
Roman
Maison d'Edition :
ROBERT LAFFONT
« L’homme qui n’a point été apprenti est un grand enfant »
ALAIN
Voilà par où le ver pénètre dans le fruit. Les gamins ne connaissent pas leurs droits. Il entrent dans une boîte où ils prennent des habitudes, ils donneront ces habitudes à d’autres qui viendront après eux et ainsi de suite.
Le petit patronat est encore plus dangereux que la grosse entreprise. Quant il y a trois ou quatre ouvriers dans une boîte, le patron les tient avec des conneries, des bricoles, des avantages de rien, une espèce de fausse camaraderie qui lui rapporte gros.
Tu tiens tant que ça à te crever la paillasse pour des gens qui s’emplissent les poches.
On croit que c’est arrivé, puis un jour ; on s’aperçois que tout reste à faire.
Lui-même détestait cette femme qui le dégoûtait.
Il revit toute la cuisine avec cette vapeur, cette fumée, l’air fait de tant d’odeur mêlée, les cris, les jurons.
Julien tournait et retournait en lui cette grande colère.
Ben mon vieux t’as gagné le cocotier en sucre et la belle montre en bois.
On est toujours remercié par l‘ingratitude.
Entre ses mains, tout paraissait simple et facile. La matière se pliait à sa volonté.
Ce travail était un peu comme une roue lancée qui ne peut plus s’arrêter de tourner, entraînée par son propre élan.
La fatigue se muait en une colère mal contenue et qu’un rien faisait éclater.
Il est impossible d’être copain avec un patron sans finir par être sa victime ! le seul moyen de ne pas être roulé c’est de ne rien accepter qui ne soit absolument dû. De jouer toujours carte sur table. De refuser les cadeaux mais d’exiger un payement intégral du travail !