LA FAUTE DE L’ABBE MOURET

Auteur :
ERKA MANN

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
FLAMMARION

Devant les splendeurs verbales et l’énorme fantaisie lyrique qui animent et soulèvent les chapitres d’un pareil roman, effarement et déception des Duranty ou des Champfleury, ces adeptes de la précision sèche, qui, note Maurice Le Blond, voyaient surtout en Zola un continuateur et le protagoniste de leurs théories.

Il avait une joie pieuse à s’enfoncer dans la bassesse, entre ses mains pleine de grossièretés populacières.

« Que sert à l’homme de conquérir l’univers, s’il perd son âmes ? » (Ignace). C’était un sujet fertile en bonnes résolutions, qui le faisait renoncer à tous les biens de la terre, avec le rêve si souvent caressé d’une vie au désert, sous la seule richesse d’un ciel bleu.

Il semblait rouler dans une torture qu’il mettait toutes ses forces à ne point avouer ; et c’était une agonie muette qui le brisait, le rendait, pendant des heures, stupide, en proie à quelque abominables lutte intérieure, dont la violence ne se devinait qu’à la sueur d’angoisse de sa face.

Renaître dans la paix d’une existence nouvelle.

Ces paroles si simples, baignées de larmes muettes, prenaient dans la nuit un tel caractère sublime, que Frère Archangias lui-même, malgré sa rudesse, se sentit troubler.

J’ai péché, je n’ai pas d’excuse. Je fais pénitence de ma faute sans espérer de pardon.

C’est une forteresse redoutable que rien ne renversera. Les vents, et le soleil, et les forêts, et les mers, tout ce qui vit, aura beau lui livrer assaut, elle restera débout, sans même être ébranlée.