JAZZYGRINATIONS

Auteur :
Sidney Usher

Genre :
Biographie, Essai, MUSIQUE

Maison d'Edition :
Notis Edition

Gary Lee BARTZ, vous êtes un saxophoniste très doué et talentueux. Quel est votre secret ?

– Le travail !

– Qu’entendez-vous par le travail ?

– Etudier, pratiquer, travailler seul parfois pendant plus de dix heures par jour. Le musicien de Jazz est comme un chercheur. Il est vrai que nous ne pratiquons pas dans un laboratoire. Cependant, tout comme les scientifiques, nous cherchons sans arrêt la formule, la bonne combinaison, la clef, le code, le son, la note, la voie, la voix qui élèverait le monde à l’état de grâce permanent.

– Pourquoi jouez-vous du saxophone alto comme s’il s’agissait d’un saxophone ténor ?

– Parce que j’aime les ténors qui jouent comme des altistes. J’ai été influencé par Lester YOUNG et Clifford JORDAN qui étaient des saxophonistes ténor à la sonorité d’altiste. Moi j’ai choisi de faire le trajet en sens inverse, c’est à dire jouer comme un ténor. Mon ambition est de fondre ces deux instruments dans un seul.

– Pourquoi avoir intitulé l’un de vos disques, « There goes The neighbourhood! » (CANDID), dans lequel vous êtes accompagné par vos partenaires de ce soir (Kenny BARRON, Ray DRUMMOND et Ben RILEY)?

– C’est une allusion à une pratique courante dans mon pays, les Etats unis d’Amérique. Lorsque le prix  du loyer ou des terrains initialement habités par les blancs est à la baisse, les noirs et les communautés peu favorisées vont s’y établir. Alors, les blancs pour manifester leur mécontentement, disent : « Ah, vous voyez le quartier n’est plus comme avant ! (« There goes the neighbourhood! »). Puis, quittent cet endroit pour aller habiter dans un quartier plus coûteux. D’ailleurs figure dans ce même disque une composition qui s’intitule « Racism ! »

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