
Auteur :
Genre :
Biographie
Maison d'Edition :
DU ROCHER
Mauriac : « le misérable petit tas de secret que cache une vie »
Une vie aventureuse semée de jolies femmes et de faillites.
La vie est comme un marché où l’on achète son avenir non pas avec des valeurs, mais avec des actes.
La prison est souvent un bon départ pour une carrière politique, surtout lorsqu’on combat l’Ordre établi (le « désordre établi », disait Mounier).
Cette sensation démente d’empoigner la mort, de la combattre comme un animal.
Il avait à célébrer le combat des hommes dominés et exploités qui luttent, souffrent et meurent pour donner un sens à leur existence.
L’amour a fini par parler plus haut que le sexe. Un homme qui pense, non à une femme comme au complément d’un sexe, mais au sexe comme au complément d’une femme, est mûr pour l’amour.
Affranchi de la morale religieuse comme des convenances bourgeoises.
Rien est jamais perdu pour un homme de lettre qui fait son miel de tout, fût-ce de sa propre humiliation.
Le Christ a renoncé à visiter une Espagne où la misère des pauvres ne rencontre que le pharisaïsme des riches.
Le Général était allé jusqu’au bord du Rubicon, mais ce n’était pas pour le franchir, c’était pour y pêcher à la ligne.
On se suicide par respect pour la vie, quand votre vie a cessé de pouvoir être digne de vous.
L’histoire est un fleuve qui ne revient pas en arrière. Les voyageurs qu’elle emporte n’ont pas tous le même destin. Les uns sont roulés par le torrent et disparaissent, d’autres mènent leur barque avec plus ou moins d’adresse. Les grands hommes savent reconnaître les courants, tracer leur route et guider ceux qui suivent.
Il se jette à corps perdu dans un continent inconnu.
Plus savant qu’érudit, plus superbe que profond, plus singulier qu’original.
Rebelle à tout encadrement social comme à toute mondanité inutile.
L’écrivain si souvent vainqueur de la mort n’était plus qu’un passant menacé, un « homme précaire ».
L’amour inspire mieux que la haine ; « j’écris pour dire que j’aime un livre et pourquoi ».
Cet homme qui avait voulu régner par le verbe, lançant ses romans comme autant de coups de poing, défiant à coup de mots la mort et la postérité.
Le pouvoir a brouillé la légende ; l’homme de pouvoir, en notre siècle contestataire, est bien moins intéressant que le rebelle.
Malraux pensait que la vie est comme un marché où l’on achète son avenir « avec des actes ». Ce n’était pas faux, mais un écrivain n’a pas besoin d’ « actes » pour s’assurer une survie. Il n’a même pas besoin de quitter sa chambre, comme l’on montré Pascal et Proust. La légende, qui a tant de pouvoir sur l’imagination, peut servir de prestige d’un homme de son vivant, elle ne saurait seule assurer la survie d’une œuvre. Celle-ci dépend de paramètres où figurent, bien entendu, le génie et le talent, mais aussi l’évolution du goût, l’intérêt des jeunes lecteurs, celui de la critique et, par-dessus tout, la chance. Une oeuvre achevée ne doit rien au hasard, mais sa survie lui doit tout, ou presque tout.
« Au commencement était le Verbe » : c’est ce que pense tout écrivain digne de ce nom. Pourtant Malraux voyait les choses autrement : « Au commencement était l’Action ». L’important pour lui n’était pas ce qu’un homme pense mais ce qu’il fait : « L’homme est la somme de ses actes ».
« Ce qui mesure la présence d’un homme et son poids, ce n’est ni les cinquante ou soixante années de vie organique, ni non plus la vie empruntée qu’il mènera au cours des siècles : c’est le choix qu’il aura lui-même de la cause temporelle qui le dépasse »