L’ART D’EXPLIQUER

Quant au choix de la méthode à employer, Bruno Dufay conseille de se baser sur l’histoire de l’ignorant, « par exemple au moyen de la méthode Hermann de la préférence cérébrale. Si l’on s’adresse aux agents de maintenance de l’entreprise, qui sont des techniciens de formation, on choisit les éléments les plus susceptibles d’avoir une résonance chez eux : le rationnel, les chiffres, les choses pratiques. Aux créatifs d’une agence de publicité, on présentera plutôt des schémas ou des histoires métaphoriques. »

Les petites astuces

Pour Bruno Dufay, « l’explication doit être faite de petites astuces. On peut ainsi commencer par quelque chose qui concerne l’autre, pour susciter son attention et le garder en haleine. » Mais on peut également saupoudrer l’ensemble de son discours de ce genre de « conservateurs d’attention ». « Cela dit, tempère-t-il, expliquer n’est pas enseigner : on ne peut pas prendre les gens par la main sur tout le chemin. » Cela n’empêchera pas de baliser l’explication de points de contrôle : « vais-je trop vite ? », « voulez-vous que j’accélère ? », « est-ce que je m’explique bien ? »…

Comment, enfin, savoir que l’explication a porté ses fruits ? Bien entendu, se contenter de demander si l’autre a bien compris n’est pas toujours très fiable. Pour Bruno Dufay, le meilleur indicateur réside dans les questions suscitées chez l’interlocuteur. « C’est en voyant que l’on a déclenché un processus chez l’autre que l’on peut savoir qu’il s’est approprié les choses. »

NotisEdition

Pages : 1 2