ANDROMAQUE

Auteur :
JEAN RACINE

Genre :
Roman

Maison d'Edition :
BORDAS

Le personnage d’Andromaque fut pris d’abord comme un modèle de veuve fidèle et de mère héroïque, jusqu’à ce que Désiré Nisard posât la question de sa coquetterie : « Racine a voulu que la belle et aimable fille d’Éetion, fût femme et qu’elle n’ignorât pas la puissance de sa beauté. Elle s’en sert pour se défendre et pour protéger son fils. »

Les passages abondent, qui prouvent que le fonds, le tréfonds d’Andromaque, c’est une haine inextinguible pour l’homme dont la vue s’associe à tous ses plus cruels souvenirs.

En fait, Racine est un poète de tous les temps, mais il ne doit pas cette gloire à la banalité des sujets qu’il traite, elle vient de sa vision profonde et lucide qui, nimbée de poésie, marque la passion le plus commune d’une sorte de signe divin.

Aux Grecs, Racine doit son élégance sans affèterie, la politesse exquise de son langage, la musique de ses vers, et aussi la subtile connaissance d’un cœur humain miraculeusement libéré de la matière.

Hermione : je l’ai trop aimé pour ne le point haïr

Oreste : tes conseils ne sont plus de saison.

Pylade : au travers des périls un grand cœur se fait jour.

Oreste : faisons de sa ruine une juste conquête.

« A mon sens, le style de Racine a beaucoup plus vieilli que le style de Corneille. Corneille est ridé ; Racine est fané. Le premier a vieilli comme un homme ; le second comme une vieille femme. » Hugo

Nous ne sommes plus dans la tragédie où tout est nécessaire et inexorable, mais dans le drame où le déroulement de l’action dépend d’événements en dernière instance accidentels