
Auteur :
FRANCOISE DOLTO
Genre :
Essai
Maison d'Edition :
J’AI LU
L’énergie de caractère sexuel (libido) anime de façon inconsciente tout être humain.
La psychanalyse est là pour aider ceux qui se sont enlisés dans la répétition par refoulement de leurs désirs : les aider à sortir du même sillon du disque de leur vie, qui est en train de tourner sur place.
C’est parlant de sa souffrance qu’il va sortir de sa difficulté.
Nos enfants sont porteurs de nos dettes, dettes dans le sens de dynamique non résolue, de ce que nous avons mal vécu et qui est refoulé en nous ; nos enfants en héritent tout autant qu’ils héritent de nos dons et qualités dynamiques dans le sens positif.
L’enfant cherche tout simplement à nous dire, à nous parler avec son corps.
Il n’est jamais trop tôt pour parler à un être humain. C’est un être de parole, dès la vie fœtale.
Quand les choses sont parlées, il ne reste que la paix du corps. Sinon le corps parle, à la place de ce qui ne peut se dire.
La pulsion de mort, nous avons tous à nous y livrer, pour entrer dans le sommeil. Ce qui fait la plupart des insomnies, la peur de se livrer à la sécurité de la pulsion de mort. Libération du sujet du désir qui s’absentéise du conditionnement du Moi, et qui de ce fait, laisse de corps vivre végétativement ce qu’il a à vivre, sans qu’il y ait participation de la conscience.
Dans les cas où le sujet est dans une période émotionnelle intense, il est particulièrement réceptif.
Par son corps l’être humain est le siège de besoin d’apports et de déports, qui relient au monde.
L’enfant ne peut vivre psychiquement que dans une relation émotionnelle triangulaire humaine.
Langage comportemental, gestuel et verbal.
Là où le langage s’arrête, c’est qui continue à parler.
La loi de l’interdiction de l’inceste n’est pas seulement une loi édictée, c’est une loi interne, endogène à chaque être humain et qui, non respectée, mutile profondément le sujet dans ses forces vives, somatiques ou culturelles.
Tout acte, même néfaste, est solidaire d’un ensemble vivant.
Même regrettable, un acte ou un comportement qui fait souffrir peut servir de façon positive pour qui sait en tirer expérience.
Hélas, en chacun de nous, le sentiment de culpabilité est fondamental, entraînant des inhibitions et barrant l’accès au seul acte libérateur, l’accès à une parole vraie qui réhabilite du désir refoulé ou pervers la totale dynamique à quoi est capable de l’entendre.
Dans les sociétés d’animaux, les individus sont soumis à la sélection naturelle, ce qui est contraire à la société des humains, lesquels conservent en vie les moins favorisés et s’occupent même d’eux électivement, de manière à leur permettre d’arriver au meilleur de leurs possibilités pour s’intégrer, plus lentement peut-être, mais de plein droit, comme sujet, à l’activité du groupe ethnique.
Se libérer du mimétisme et du grégarisme.
Dans les mœurs humaines, partout domine la notion du bien et du mal, laquelle entraîne le sentiment de culpabilité, lié à celui de responsabilité.
S’ouvre à chaque individu l’horizon de la loi, celle qui limite les ravages séducteurs de la liberté et de l’expansion sans frein. De même que l’être humain s’abrite dans des maisons aux issues mesurées, de m^me par les lois il organise des échanges de communication entre son groupe et les autres, pour mieux vivre.
Les humains ne perçoivent leur existence individuelle que par les entraves, les blessures et les mutilations qu’ils ressentent, en leur corps et leur coeur. Ils « se fabriquent » par des émois contrés, quand celui qui les contre est aimé, respecté, désiré. C’est cette expérience, cet affrontement qui, au jour le jour, déterminent leur histoire personnelle.
Les pulsions inconscientes dites « de vie » -passive et actives- qui poussent les individus à la conservation de leur vie propre, et les pulsions inconscientes dites « de mort », qui incitent l’individu à dépasser ses propres limites, et à désirer un autre que lui-même dans la rencontre sexuelle qui, celle-ci, conduit à la procréation.
Les pulsions inconscientes de vie justifient pour chaque individu la clameur d’appel à la liberté, aux pouvoirs nouveaux, à la conquête de la nature.
Les pulsions inconscientes de mort font s’attirer les humains, sexe à sexe, dans les étreintes qui les libèrent de leurs limites individuelles, où la rencontre de leur semence lance, dans l’aventure qu’est la vie, d’autres humains également avides de survie et promus eux aussi à engendrer.
A une certaine époque les femmes étaient chargées d’assurer la part conservatrice de l’espèce, c’est-à-dire les pulsions passives de la vie. Les hommes, au contraire, étaient chargés légalement des pulsions actives, afin d’agrandir l’aire d’influence du groupe.
Il n’y a maître que si le serviteur lui reconnaît droit et pouvoir.
La vitalité de l’espèce humaine gît dans le lien moral et affectif des hommes et des femmes.