L’UNITE D’UN HOMME

Auteur :
JACQUES DELORS

Genre :
Politique

Maison d'Edition :
ODILE JACOB

Il vaut mieux faire que paraître.

 

L’entreprise est considérée comme un lieu de création de richesse, l’élément indispensable sans lequel il n’y aurait ni progression ni préservation du niveau de vie.

 

L’exclusion sociale, c’est magnifique pour ceux qui jouent sur le sentiment sécuritaire, jusqu’au jour où les sociétés se rendent compte qu’à force d’espionner les citoyens, d’accroître les force de la police, de chasser les immigrés et d’interdire les manifestations, le mal demeure. Car le mal est dans le refus de la société d’assumer ses responsabilités.

 

Qu’est-ce qu’un « sécuritaire », sinon quelqu’un qui veut absolument désarmer le conflit par de fausses solutions.

 

L’ordre d’Adam Smith c’est : abstenez-vous d’intervenir, faites le minimum en matière de sécurité interne et externe, et de droit, pour les individus, puis laissez jouer les mécanismes du marché. Les individus sont rationnels et choisissent toujours la meilleure voie. Cette addition des initiatives individuelles aboutit au meilleur résultat possible en matière économique et sociale.

 

Dans le monde tel qu’il est, les seuls éléments de socialisation sont la ville et la télévision. Mais la ville est de plus en plus fragmentée, offrant de moins en moins de sociabilité. Et la télévision fait de vous un voyeur, un émotionnel.

 

En France, le revenu moyen d’un retraité est supérieur au revenu moyen actif ! et, en second lieu, les écarts des revenus entre les retraités sont encore plus importants que chez les actifs. Car les catégories supérieures de la société se sont octroyé, grâce à des avantages fiscaux, des systèmes complémentaires de retraite qui aboutissent à ce résultat.

 

Il y a d’abord le chômage frictionnel : les gens sans emploi et qui retrouvent un travail en moins de trois mois. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est un signe de santé de l’économie et de dynamisme du marché du travail. En second lieu, il y a le chômage conjoncturel, lié à un ralentissement de l’activité économique plus ou moins prononcé. Et puis il y a le chômage structurel, qui tient, lui, à des dysfonctionnements de l’économie et à un manque d’efficacité du système de l’emploi.

Le chômage technologique que, dès les années trente, Keynes avait caractérisé de la façon suivante : « le progrès technique va plus vite que notre capacité à imaginer les nouveaux besoins. » vision d’ailleurs optimiste sur l’avenir des économies industrielles, car il pensait que l’one trouverait toujours de nouveaux besoins à satisfaire ! voilà donc les quatre causes du chômage.

 

Il ne faut jamais décourager l’effort de solidarité, même lorsqu’il prend la forme de la charité. Il s’agit là d’un sang salubre qui doit circuler en grande quantité dans notre organisme social.

 

Ces réunions sont de simples démonstrations médiatiques, sans suivi effectif.

 

Je voulais faire reposer la construction européenne sur trois piliers : la compétions qui stimule ; la coopération qui renforce ; la solidarité qui unit.

 

La nation ne peut plus se définir par rapport à un adversaire séculaire, ni par rapport à un monarque ou une religion, dans le cadre d’une fusion entre le spirituel et le temporel, mais elle plonge ses racines dans un passé commun et dans un avenir commun.

 

Si ces nations souveraines acceptent de partager l’exercice d’une partie de leur souveraineté, c’est parce qu’elles considèrent qu’il y va de l’intérêt national. La nation doit représenter un espace d’appartenance et un espace politique. C’est la raison pour laquelle certaines attributions de la nation dans les domaines les plus courants, l’éducation, la santé, le social, doivent le rester et justifient l’existence de l’Etat.

 

L’intégration du phénomène religieux ne met nullement en cause le modèle dominant laïc actuel. Elle l’éclaire, le complète et le met en perspective.

 

La construction de l’Europe économique et politique peut se faire, car il y a ce fond commun de valeur, la culture européenne.

 

Celui qui pense avoir un lien avec Dieu, n’a aucune supériorité à faire valoir sur les autres.

 

Je continue à penser que, si la violence et l’égoïsme sont au cœur de l’homme, il y gît aussi l’amour du prochain, le besoin de tendresse, de compassion, le souci d’être rassemblé entre personnes du même sang.

 

La personne est une fusion, une totalité. On ne peut pas dissocier un des éléments, que ce soit le caractère, la sexualité, le comportement social. Tout cela est lié.

 

La valeur la plus importante pour un homme politique de gauche est la fidélité à soi-même, au risque de perdre le pouvoir ou de refuser d’y prétendre.