25 ANS AUX COTE DE CHURCHILL 1940 -1965

Auteur :
LORD MORAN

Genre :
Biographie, HISTOIRE, Politique

Maison d'Edition :
ROBERT LAFFONT

« Il ne sera pas affecté par les mauvaises nouvelles. Son cœur est ferme car il s’en remet au seigneur » (psaume CXII)

Sa politique a été de peindre le présent sous les couleurs les plus sombres afin de prévenir les calamités futures.

S’il finit par se laisser vaincre, ce ne sera pas par un subit effondrement du corps ou de l’esprit, mais par un graduel affaiblissement de ses forces et de ses facultés dû à son imprévoyance, à son mépris du bon sens, et à sa volonté de tout faire à lui seul.

Si les vertus de Winston Churchill étaient exceptionnelles, ses défauts étaient à l’échelle de ses vertus.

Jamais il ne s’était soumis à une discipline intellectuelle qui, eût pu implanter en lui l’importance de la précision et l’avantage de l’étude systématique.

S’il n’était pas enclin à l’autocritique, il n’était pas vaniteux. S’il était égoïste et centré sur lui-même, il n’était pas attaché aux biens de ce monde.

La grandeur morale restera toujours attachée à son nom.

Il se sentait né pour gouverner les hommes. Le malheur était que la nature ne semblait pas l’avoir désigné pour ce rôle.

« Un orateur doit être spontané » WC

Le premier devoir d’un orateur, a écrit William Hazlitt, consiste à renvoyer l’écho des sentiments de son auditoire.

Mais Winston n’avait aucune idée de ce qui se passait dans l’esprit de ses auditeurs. Il récitait un rôle. C’était une espèce de trafic à sens unique ; il pensait bien d’avantage au son de ses paroles qu’à leur effet sur son public. Il débitait des phrases lignées de sang-froid, admirablement balancées, et savamment construites dans le silence de sa chambre à coucher.

En vérité, il était fait pour l’heure du péril. Dans les circonstances extraordinaires de 1940, où l’inégalité entre l’Allemagne et l’Angleterre était désespérante, il fallait un homme déraisonnable à la tête du pays.

Les Anglais voulaient qu’on leur dit la vérité, fût-ce la pire des vérités. Et le Premier Ministre la leur jeta à la tête comme d’énormes quartiers de viande saignante.